VISITE MINISTÉRIELLE

VISITE AU NIGER, LE 3 OCTOBRE, DU MINISTRE FRANÇAIS DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, M. JEAN-YVES LE DRIAN

Le 3 octobre, le ministre français de l’Europe et des affaires étrangère M. Jean-Yves Le Drian, était en visite de travail à Niamey. L’objectif de cette visite était de faire un point général sur la coopération franco-nigérienne ainsi que sur les enjeux liés à la sécurité et au développement.

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http://lesahel.org/index.php/societe/item/14984-visite-de-travail-du-ministre-fran%C3%A7ais-de-leurope-et-des-affaires-etrang%C3%A8res-au-niger—les-questions-de-s%C3%A9curit%C3%A9-et-de-d%C3%A9veloppement-au-centre-des-%C3%A9changes

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De gauche à droite : M. Jean-Yves Le Drian / M. Albadé Abouba, Premier ministre par intérim (et ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture & de l’élevage) / M. Ibrahim Yacoubou, MAE nigérien / M. Kalla Moutari, ministre de la Défense nationale / M. Magagi Laouan, ministre de l’Action humanitaire et de la gestion des catastrophes / Mme Aïchatou Kané Boulama, ministre du Plan / Mme Christelle Kaffa Rakiatou Jackou, ministre de la Population.

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VOLET ÉDUCATION

UNE VISITE À L’ÉCOLE PRIMAIRE MADINA III

Durant la matinée du 3 octobre, accompagné du ministre nigérien de l’Enseignement primaire, de l’alphabétisation, de la promotion des langues nationales et de l’éducation civique, M. Daouda Mamadou Marthé, de l’ambassadeur de France au Niger M. Marcel Escure, ainsi que de toute sa délégation venue de France, M. Le Drian a visité à Niamey l’école primaire Madina III. Il s’agit d’une école bilingue de plus de 500 élèves qui se caractérise par un apprentissage de la langue nationale (haoussa) vers le français pour une meilleure compréhension des élèves.

● Au cours de sa visite M. Le Drian a notamment rencontré les élèves, mais aussi la directrice de l’école ainsi que plusieurs acteurs de l’enseignement primaire, ce qui a permis de faire le point sur le système éducatif nigérien et d’évoquer la question de la scolarisation des jeunes filles.

● Le secteur éducatif étant une priorité de la coopération entre le Niger et la France, cette visite du ministre Le Drian a permis de rappeler le soutien apporté au Niger par la France en vue de relever le défi portant sur 500.000 nouveaux enfants à scolariser chaque année. Par exemple, depuis 2011, la France - via l’Agence française de développement (AFD) - soutient un programme innovant d’École et langues nationales (ELAN) qui donne de bon résultats (le Niger fait partie des pays où les progrès constatés dans l’évaluation de ce type de dispositif sont jugés très importants). Ce programme novateur intègre une transition maîtrisée de la langue nationale vers un enseignement entièrement en français, à la fois pour assurer une acquisition des compétences de base (écriture, lecture, calcul) mais aussi pour promouvoir tant la diversité culturelle que la Francophonie.

VOLET G5 SAHEL

VISITE AU POSTE DE COMMANDEMENT (PC) DU SECTEUR CENTRE DE LA FORCE CONJOINTE DU G5 SAHEL

■ Le soutien à la montée en puissance du poste de commandement du secteur centre de la force conjointe du G5 Sahel se traduit par un investissement important de la France qui a permis l’acquisition des équipements de communication et d’information, ainsi que l’achat du mobilier.

- Deux coopérants de la mission française de Défense sont engagés sur cette montée en puissance. Ils sont renforcés par deux missions d’expertise de la direction de la coopération de défense ainsi que par une équipe de spécialistes de Barkhane.

- L’équipement technico-opérationnel sera effectué à la livraison des bâtiments. Ce poste de commandement, armé par des officiers nigériens, burkinabè, maliens et français, pourra conduire les opérations conjointes qui seront menées dans la région des trois frontières entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

■ Le 3 octobre, la première étape de sa visite officielle dans la capitale nigérienne du ministre Jean-Yves Le Drian a été consacrée au poste de commandement de Niamey.

Par cette visite, il a témoigné du plein soutien de la France au G5 Sahel, organisation qui démontre son utilité et sa valeur ajoutée sur les questions de sécurité et de défense. À cette occasion, le ministre a remercié le Niger pour son investissement dans ce projet, qui montre son engagement et sa détermination et qui en fait le moteur de la montée en puissance de cette force. Il a rappelé que la France soutenait concrètement la montée en puissance de la force conjointe et son opérationnalisation.

La France intensifiera le soutien opérationnel déjà apporté aux armées de la région en vue d’effectuer des opérations conjointes aux frontières. Il a enfin rappelé que la France relayait tout le bien qu’elle pensait du G5 Sahel auprès de ses partenaires européens et contribuait ainsi à la mobilisation des soutiens.

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Le ministre nigérien de la Défense, M. Kalla Moutari, et le ministre français des Affaires étrangères, M. Jean-Yves le Drian, entourés (de gauche à droite) par le général de corps d’armée Seyni Garba, chef d’état-major nigérien, le colonel major Yaya Séré, adjoint du commandant de la force conjointe du G5 Sahel, M. Jean-Marc Chataignier, envoyé spécial pour le Sahel, M. Marcel Escure, ambassadeur de France, le colonel Franck Fouillet, attaché de Défense à l’ambassade de France au Niger.
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Les deux ministres Jean-Yves le Drian et Kalla Moutari, accompagnés du général Seyni Garba, se font présenter le poste de commandement (PC).

VOLET RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DANS LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME ET LA CRIMINALITÉ ORGANISÉE : EUCAP SAHEL NIGER

JPEGEUCAP Sahel Niger est une opération civile de l’Union européenne œuvrant dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense commune. Démarrée en 2012, elle est composée d’experts provenant de plusieurs pays de l’Union européenne ainsi que d’un nombre important de membres locaux.

Ses objectifs sont de permettre le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité nigériennes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.

Lors de sa visite le 3 octobre au quartier-général d’EUCAP Sahel Niger, qui se trouve à Niamey, le ministre Le Drian s’est entretenu avec la chef de mission, avec le chef des opérations ainsi qu’avec le chef de l’Unité-migration. Ils lui ont notamment exposé les objectifs de leur mission tels que ceux-ci sont précisés dans le mandat d’EUCAP, avec notamment une présentation détaillée de l’objectif n° 5 qui a trait :

● Au soutien des acteurs de la sécurité dans leur maîtrise des flux migratoires ;
● À la lutte devant être menée aussi efficacement que possible contre les migrations irrégulières ;
● À la lutte contre les activités criminelles qui y sont associées.

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Lors de sa visite au quartier général d’EUCAP Sahel Niger, le ministre Le Drian a notamment rencontré la chef de mission Mme Kirsi Henriksson, le chef des Opérations M. Dominique Chevalier, et le chef de l’Unité migration M. Pierrick Agostini.

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POINT DE PRESSE CONJOINT DE M. JEAN-YVES LE DRIAN, MINISTRE DE L’EUROPE ET DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, ET DE SON HOMOLOGUE NIGÉRIEN, M. IBRAHIM YACOUBOU - PROPOS DE M. LE DRIAN (NIAMEY, 03/10/2017)

Je voudrais vous remercier de votre accueil, Monsieur le ministre des affaires étrangères, et remercier le Premier ministre M. Albadé Abouba de la gestion de la réunion qu’il a initiée avec l’ensemble des membres du gouvernement qui étaient présents - ils étaient nombreux - et au cours de laquelle nous avons pu faire le tour de beaucoup de questions.

Vous avez raison de le souligner, ce n’est pas ma première visite à Niamey, ce doit être la huitième ou la neuvième mais quand on aime on ne compte plus, comme on dit en France. Mais c’est ma première visite en tant que ministre des affaires étrangères et je suis heureux de cette nouvelle donne puisque j’ai pu appréhender des questions que je n’avais pas appréhendées jusqu’à présent dans la relation entre le Niger et la France. Ainsi, ce matin, j’ai été dans l’école Madina III où j’ai vu l’enjeu que représente la scolarisation des 500.000 enfants qui, chaque année, arrivent pour s’instruire et c’est un défi.

Et j’ai apprécié aussi la qualité de la recherche pour le passage de la langue initiale au français et de l’initiation bilingue qui se fait dans ce type d’école. C’est une nouveauté pédagogique qui est sans doute très utile. C’est l’image la plus forte que j’ai eue durant cette matinée même si elle a été aussi consacrée à des questions de sécurité, ce qui me ramenait à mes anciennes fonctions.

Je pense que chacun se rend compte d’un agenda qui va être extrêmement serré pour votre pays, pour les pays du Sahel et pour notre relation d’abord avec votre pays puis avec les pays du G5 Sahel. Le secrétaire général des Nations unies sera amené, dans quelques jours, à faire ses propositions pour le soutien des Nations unies au G5 Sahel. Je serai amené le 30 octobre - en votre présence Monsieur le Ministre et en présence des ministres des affaires étrangères du G5 Sahel - à présider le conseil de sécurité des Nations unies - la France préside durant le mois d’octobre le conseil de sécurité - sur les orientations de soutien à donner au G5 Sahel.

Ensuite, il y a toute une série de rendez-vous qui s’accumulent. Les 29 et 30 novembre à Abidjan il y aura le sommet entre l’Union africaine et l’Union européenne qui sera un moment important dans la relation entre l’Afrique et l’Europe. La France et le Niger doivent jouer un rôle significatif dans cet ensemble. Et puis nous aurons, le 14 décembre, la conférence de soutien de la force conjointe à Bruxelles et, auparavant, le 13 décembre à Paris, il y aura la conférence des partenaires du Niger avec la visite du président Mahamadou Issoufou à Paris. C’est un calendrier extrêmement restreint avec un seul objectif : la sécurité et le développement avec le G5 Sahel et l’Alliance pour le Sahel, et l’un n’allant pas sans l’autre. Mais, évidemment, l’un et l’autre nécessitant des engagements mutuels, un sérieux dans la gestion, une rigueur dans l’investissement et une bonne coordination. C’est ce que nous avons essayé de faire au cours de cette matinée et nous allons continuer aujourd’hui à mettre en œuvre l’ensemble des dispositifs qui devront accompagner ces enjeux.

J’ajoute que le soutien de la France a été au rendez-vous puisque l’Agence française pour le développement a multiplié par dix depuis 2010 ses investissements au Niger et que les engagements qui sont pris sont significatifs pour les programmes d’action que vous décidez de mettre en œuvre dans le cadre du plan de développement économique et social adopté il y a quelques jours, que la ministre du plan nous a présenté et sur lequel nous avons pu constater les convergences de vues et d’actions. Tout cela fait partie de l’état d’esprit de notre relation. C’est un partenariat amical mais aussi offensif et crédible. Voilà ce que je suis venu faire ici et je me réjouis de la qualité de notre relation.

QUESTION - Monsieur le Ministre, vous venez de rappeler qu’à partir d’aujourd’hui la France assure la présidence du conseil de sécurité des Nations unies. Le Niger étant un partenaire stratégique très important, quelle place occupera-t-il lors de cette présidence, sachant que ce pays est entouré de foyers terroristes ?

RÉPONSE - La caractéristique du Niger est qu’il est un havre de sérénité et de paix, entouré de zones de conflits plus ou moins forts mais qui connaissent des phases d’intensification régulièrement, que ce soit lié à Boko Haram, à la fragilité de la Libye, à AQMI ou à des attentats terroristes venus du Nord. Bref, il y a une situation où la question de la sécurité est majeure. Et la grande nouveauté est la mise en œuvre de ce qu’on appelle la Force conjointe, dont l’état-major est maintenant installé à Sévaré. Il a trois fuseaux d’action dont le plus immédiat est celui de la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger pour riposter aux attaques menées par des groupes terroristes de la région et dont vous avez été victimes antérieurement.

Tout cela se met en œuvre, et c’est une réponse nouvelle puisque c’est la prise en compte par les Africains eux-mêmes de leur propre sécurité. C’est la prise en compte de la sécurité des frontières par des forces conjointes. Et cela avec le soutien de la France parce que c’est sa responsabilité mais sur initiative africaine. Et je suis convaincu que la mise en œuvre de cette force conjointe, à partir du moment où elle sera déployée sur les trois fuseaux pré-indiqués, sera une bonne réponse aux questions sécuritaires. Cela suppose une grande détermination et un bon suivi. J’ai pu constater ce matin en allant voir l’état-major du fuseau central que cela se mettait en œuvre, que les premières actions allaient commencer. Ce que nous allons valider en conseil de sécurité du 30 novembre c’est le fait que le conseil de sécurité donne mandat à cette force conjointe pour lutter collectivement pour sa propre sécurité. Donc le Niger aura toute sa place dans cette affaire puisque c’est un enjeu sécuritaire essentiel./.

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Dernière modification : 18/10/2017

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