Niamey - 1er Comité de pilotage du projet « PROTECTION ET REINSERTION DES MINEURS EN DETENTION »

Améliorer les chances de réinsertion des enfants détenus au Niger, avec le projet PREMID soutenu par la coopération Française

Ce 30 juin 2020 au Centre Culturel franco-nigérien Jean Rouch, le Ministère de la Justice et l’association Grandir Dignement ont organisé conjointement la cérémonie d’ouverture du Comité de pilotage du programme « Protection et réinsertion des mineurs incarcérés » (PREMID) financé par l’Ambassade de France du Niger.
Le Niger comptant environ 500 enfants incarcérés, le programme PREMID « Protection et réinsertion des mineurs incarcérés » entend soutenir la moitié d’entre eux dans 5 régions et prévoient des activités sur 18 mois, de juillet 2020 à décembre 2021.

Les 2 composantes principales de PREMID sont les suivantes :.
• renforcer le cadre institutionnel de prise en charge des mineurs en milieu carcéral à travers notamment la mise en place d’une étude sur la situation des enfants incarcérés dans le pays, le soutien à la Plateforme des acteurs intervenant en milieu carcéral, l’organisation de sensibilisations sur les droits des enfants et enfin la mise en place d’une formation pour les futurs acteurs de la chaine pénale.
• appuyer les enfants détenus, à travers la mise en place de travailleurs sociaux mobiles effectuant des visites régulières des maisons d’arrêt et à travers la mise en oeuvre de formations professionnelles et activités socio-éducatives à destination de 100 mineurs.

En présence d’une cinquantaine d’acteurs du monde de la justice, de l’éducation, de la protection de l’enfance et de la coopération internationale, la cérémonie d’ouverture a permis de préciser les activités prévues pour les enfants détenus dans les maisons d’arrêt des juridictions de Niamey, Zinder, Maradi, Tahoua et Dosso.

M. Luc Fabre, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France, a indiqué que « le projet PREMID a été sélectionné en février 2020 parmi plus d’une centaine de dossiers par décision du ministre français de l’Europe et des Affaires Etrangères, M. Jean-Yves Le Drian. L’enveloppe dédiée à PREMID s’élève à 230 000 euros pour 2020, et devrait être abondée de 170 000 € en 2021 ».

Le COCAC a ajouté que « PREMID s’inscrit dans le cadre de nos échanges réguliers au niveau du secteur Justice pour toujours mieux orienter les appuis des partenaires techniques et financiers en appui aux politiques publiques en matière de justice et de Droits de l’Homme. Lors du dernier cadre de concertation « Justice et droits humaines », le 25 novembre 2019, entre le Gouvernement et les partenaires au développement, dont la France est chef de file, le sujet des enfants en conflit avec la loi avait été identifié comme faisant des sujets prioritaires. A titre d’exemple, il avait été mentionné que sur 59 mineurs détenus à la maison d’arrêt de Niamey, un seul est condamné, tous les autres restent dans l’attente d’un jugement. A la date d’aujourd’hui, aucun mineur n’est condamné au sein de la maison d’arrêt, l’ensemble des effectifs se trouvant en détention préventive et donc en attente de jugement. »

M. Fabre a précisé que le projet s’appuiera sur l’ONG française Grandir Dignement déjà présente et engagée au quotidien dans les maisons d’arrêt de Niamey, Maradi et Zinder. Il a conclu par ces mots : « Le projet PREMID illustre les avancées concrètes que l’on peut espérer grâce à un travail conjoint du ministère de la Justice, des PTF et des ONG du secteur. Les enfants constituent une population vulnérable et à risque qu’il est nécessaire de protéger par un traitement différencié des adultes. Un enfant se retrouvant en conflit avec la loi est un enfant qui a subi un manque d’assistance et qui nécessite d’être accompagné. L’objectif du présent comité de pilotage est de vous présenter plus en détail les activités prévues et leurs modalités de mise en œuvre, auxquelles nous souhaitons vous associer, en vue de garantir une bonne articulation et une complémentarité entre les diverses actions menées par les pouvoirs publics, la société civile et les PTF. »

M. Sahirou Tchida Moussa, Secrétaire Général adjoint du Ministère de la Justice, a commencé son intervention en mentionnant que « le Programme "Protection et Réinsertion des Mineurs en Détention", est une belle initiative à laquelle le Ministère de la Justice adhère parfaitement pour deux raisons essentielles : D’une part, parce que les objectifs de ce projet sont alignés à ceux du gouvernement définis dans le document de politique pénitentiaire et de réinsertion adopté le 17 avril 2020, par décret n°2020-294/PRN/MJ ; d’autre part parce que ce projet découle d’une réflexion commune du Ministère de la Justice et l’ambassade de France, qui le finance à travers le Fonds de Solidarité pour les Projets Innovants (FSPI). »

Le SGA a précisé que « PREMID est une importante contribution à la mise en œuvre de l’axe 3 de la politique pénitentiaire et de réinsertion. En effet, cet axe cible, entre autres, l’éducation des mineurs scolarisés et non scolarisés avant leur incarcération ou leur admission dans les centres de réinsertion des jeunes en conflit avec la loi, par :
-  la poursuite du cursus scolaire pour les mineurs scolarisés ;
-  la mise en œuvre des mécanismes permettant la scolarisation et l’accès à l’apprentissage, pour les mineurs non scolarisés.
 »

Avant de déclaré « lancé » le projet PREMID, M. Sahirou Tchida Moussa a souligné qu’ « il y a urgence à agir, pour éviter le pire. Nous devons trouver des solutions pérennes et efficientes à la délinquance juvénile. Le Niger de demain se construira avec les enfants d’aujourd’hui. Pour qu’il en soit ainsi, il est de notre responsabilité de les y préparer pour assumer leur part d’obligation, le moment venu, dans l’édification d’un Niger uni et prospère. Pour les mineurs incarcérés, qui sont à notre charge, notre responsabilité en tant que tutelle des établissements pénitentiaires est de créer les conditions pour leur réinsertion sociale, comme réponse à la récidive récurrente que nous observons au niveau de cette catégorie de détenus. C’est aussi un des enjeux de ce projet, offrir des perspectives aux mineurs afin qu’ils ne perçoivent plus la prison comme une résidence secondaire ou principale, dans certains cas. »

© Ambassade de France au Niger

Dernière modification : 01/07/2020

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