Décentralisation et développement local au Niger

Les partenaires techniques et financiers (PTF) du secteur « Décentralisation et développement local » ont répondu, le 24 février dernier, à l’invitation du Premier ministre.

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Cette rencontre a permis d’établir un point de situation de la mise en œuvre du processus de décentralisation au Niger. Les échanges ont porté notamment sur :

-  la directive de transfert de compétences et de ressources aux collectivités territoriales ;
-  le cadre de concertation sur la décentralisation (CCD) ;
-  l’Agence nationale de financement des collectivités territoriales (ANFICT).

Discours de l’Ambassadeur de France, M. Antoine Anfré, chef de file des PTF intervenant dans le domaine de la décentralisation

Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le ministre délégué, en charge de la décentralisation et des affaires coutumières et religieuses,
Madame la directrice de cabinet du Premier ministre,
Monsieur le directeur général de la décentralisation et des collectivités territoriales,
Monsieur le directeur général de l’aménagement du territoire,
Monsieur le directeur général de l’agence nationale de financement des collectivités territoriales,
Chers collègues partenaires techniques et financiers du secteur « Décentralisation et développement local »,
Mesdames et messieurs,
****************
Tout d’abord, je souhaitais vous exprimer, Monsieur le Premier ministre, la satisfaction de l’ensemble des partenaires techniques et financiers du secteur de la Décentralisation et du Développement local, que je représente, en ma qualité de chef de file, pour cette invitation à vous rencontrer.

Le thème de la décentralisation mobilise en effet, depuis plusieurs années, les efforts conjugués des principaux partenaires au développement du Niger, à savoir l’Union européenne, le PNUD, la Banque mondiale, l’UNICEF, les Coopérations allemande, belge, luxembourgeoise, suisse, française, l’USAID, dans le but de favoriser la démocratie locale, d’œuvrer au rapprochement entre décideurs et citoyens, et de promouvoir une meilleure efficacité du service public, ainsi que le développement urbain et l’aménagement du territoire.

Un dialogue régulier entre l’Etat et les PTF est donc indispensable pour faire avancer cet important chantier de la décentralisation au Niger.

Aussi, je souhaiterais mettre l’accent sur le deuxième point inscrit à l’ordre du jour de la réunion, à savoir la réactivation du cadre de concertation sur la décentralisation (CCD).

Ce cadre réunit, sous la présidence du ministre de l’Intérieur, en charge de la décentralisation, les représentants de l’administration publique, des collectivités territoriales, de la société civile et des partenaires au développement du Niger. L’établissement d’une relation véritablement partenariale, à travers la relance du CCD, apparaît donc essentiel à nos yeux.

Vous avez, Monsieur le Premier ministre, installé les conseils régionaux et municipaux, relancé l’agence nationale de financement des collectivités territoriales (ANFICT) et mis en place un centre de formation en gestion des collectivités territoriales (CFGCT), conformément aux engagements pris en juin 2011, lors de votre déclaration de politique générale.

Cette déclaration mettait en effet l’accent sur l’amélioration de la gouvernance locale et sur l’importance de consolider et d’approfondir le processus de décentralisation et de déconcentration, à travers un vaste programme d’aménagement du territoire.

L’atteinte de ces objectifs ambitieux passe nécessairement par une accélération des transferts de compétences et de ressources de l’État vers les collectivités territoriales, ainsi que par une véritable opérationnalisation de l’ANFICT.

Je me permets donc d’insister, en ma qualité de chef de file, sur la réalisation de ces préalables indispensables à l’accomplissement du processus de décentralisation.

L’importance des communes, notamment comme vecteur de développement et facteur de cohésion sociale, n’est plus à démontrer.

Les PTF promeuvent et mettent en place des projets de plus en plus nombreux d’appui aux acteurs locaux et à la gouvernance territoriale. C’est notamment le cas du système des Nations unies, de la Banque mondiale et plusieurs États membres de l’Union européenne.

Je saisis l’occasion qui m’est offerte pour saluer, au nom de l’ensemble des PTF, les avancées notables qu’a connues le processus de décentralisation au cours des derniers mois, sous votre impulsion Monsieur le Premier ministre.

Les travaux du Comité Technique sur les Transferts de Compétences et de Ressources (CTTCR) ont débouché sur l’amorce de la mise en œuvre des transferts dans les quatre secteurs suivants : Éducation, Santé, Hydraulique, Environnement. Il reste toutefois à accompagner le processus et à le compléter par les transferts financiers correspondants.

Le processus de décentralisation ne pourra aboutir sans un soutien politique, explicite et fort des plus hautes autorités du pays car, comme vous le savez, la décentralisation est un acte majeur de la souveraineté de l’État.

A cet égard, l’ANFICT, instrument clé et fondamental pour assurer le financement des investissements publics territoriaux, pourrait constituer un outil susceptible de préfigurer la mise en place d’un fonds commun des donateurs, si l’Agence devenait véritablement opérationnelle. De nombreux PTF s’interrogent, en effet, sur les moyens de financer à la fois la gouvernance territoriale et les investissements collectifs prioritaires des collectivités.

Pour terminer, je formule le vœu que l’Association des Municipalités du Niger (AMN) et l’Association des Régions du Niger (ARENI) puissent également jouer pleinement leur rôle d’organisation faitière, pour accompagner les communes et les régions dans le long cheminement, complexe et difficile, vers le développement durable des territoires.

Pour ce faire, elles doivent être soutenues par la stratégie nationale de formation des acteurs de la décentralisation au Niger et son plan d’action 2013-2015, qui doit mobiliser, à part égale, les financements de l’État et ceux des PTF.

Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs.
Je vous remercie.

Dernière modification : 27/02/2015

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