Au Niger, 30 communes et 70 villages de plus ont désormais accès à l’électricité

Dans le Sud du Niger, entre Zinder et Gouré, les familles peuvent désormais se raccorder au réseau électrique. Un grand changement de vie en perspective issu d’un vaste projet cofinancé par l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne.

JPEG

Le long de la route qui relie Zinder à Gouré, deux localités du Sud du Niger distantes de 166 kilomètres et campées aux portes du désert, 1700 pylônes pointent désormais vers le ciel, constituant un serpent de béton et d’acier qui ne transforme pas seulement le paysage, mais surtout la vie des habitants de la région.

L’électricité est là. Portion d’un vaste projet cofinancé par l’Agence française de développement (AFD) et l’Union européenne à hauteur de 41 millions d’euros en 2014, ces infrastructures sont venues réduire les disparités d’accès aux services de base pour la population locale. L’électricité est en effet « un puissant catalyseur de développement », comme le rappelle Moumouni Souleyman, directeur régional de la compagnie d’électricité Nigelec, en charge des travaux.

Le projet qui se termine cette année avait pour objectif d’élargir l’accès à l’énergie dans la capitale Niamey ainsi que dans 100 communes rurales, soit respectivement pour 315 000 et 114 100 personnes. Cet objectif sera dépassé avec la connexion de 190 000 personnes supplémentaires. Le projet aura été aussi l’occasion d’installer pour la première fois au Niger des compteurs à pré-paiement.

JPEG

Ouverture de petits commerces

Les femmes et les jeunes en sont les principaux bénéficiaires. Dans un pays où la consommation de céréales est le premier pilier de l’alimentation, l’électricité permet d’utiliser des moulins automatiques, évitant aux femmes les corvées de pilage. Le matériel de petite irrigation, comme les motopompes, favorise le développement de l’agriculture de contre saison. L’ouverture de petits commerces de produits frais est maintenant envisageable. Même l’accès à l’eau se trouve facilité, l’électricité faisant tourner les moteurs des pompes de forages profonds.

80 % de la population nigérienne vit loin des grands axes, regroupée en hameaux parsemant l’immensité du territoire. Apporter l’électricité dans ces zones reculées et peu densément peuplées nécessite des investissements de départ élevés. Les forts vents qui balayent la région obligent à creuser à 1,70 mètre sous terre pour assurer la stabilité des poteaux de 12 m. Les câbles pouvant transporter jusqu’à 50 000 volts, ils doivent être parfaitement fixés et isolés. Un apport financier extérieur était « indispensable », selon Ousmane Garba Hachim, superviseur pour la Nigelec.

Une aide supplémentaire pour 20 000 foyers modestes

Les raccordements individuels au réseau public sont un autre coût à considérer et qui ne peut être assumé par le consommateur seul. Le projet prévoit ainsi une subvention qui va permettre à terme à 20 000 foyers modestes de bénéficier d’un tarif de branchement promotionnel.

Dans le village de Baoudéta, relié à l’électricité à l’instar de toutes les localités situées dans un rayon de 15 km autour de la ligne principale, on se réjouit de l’arrivée du courant. Les générateurs polluants et onéreux en carburant seront délaissés pour une énergie plus fiable, plus propre et moins coûteuse. La nuit et la chaleur seront repoussés, les enfants pourront faire leurs devoirs le soir, le centre de santé sera éclairé, les télévisons s’allumeront sur le monde. Enfin, il y aura de la lumière.

JPEG

© AFD Ollivier Girard

Dernière modification : 09/10/2020

Haut de page