Allocution de l’Ambassadeur de France au Niger, M. Marcel Escure, à l’occasion de la célébration de l’armistice du 11 novembre 1918

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Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes,

Bienvenue à la résidence de France.

Ce soir, la France se recueille, et une nouvelle ambassade rencontre la communauté française.

Le 11 novembre, l’Europe entière se recueille en mémoire des morts de la Grande Guerre, soldats et victimes civiles. Et en mémoire d’une forme de civilisation qui a disparu après 1914, date fatidique du début d’un XXème siècle marqué par des progrès mais aussi par les dévastations de la barbarie.

Oui, c’est une grande victoire pour la France qui a soutenu sur son territoire l’essentiel du front occidental, pour le peuple français qui a enduré d’immenses sacrifices, dans les tranchées et à l’arrière, pour la République qui est sortie fortifiée de cette épreuve nationale. Nous devons en être fiers encore aujourd’hui : Georges Clémenceau déclarait le 11 novembre 1918 : « la France, hier soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’Humanité, sera toujours le soldat de l’Idéal ».

Mais c’est aussi un souvenir plus large que nous célébrons chaque 11 novembre, depuis la disparition des derniers survivants de la Première Guerre mondiale, et une espérance. En effet, en cette journée nationale du Souvenir, la France célèbre tous les combattants tombés pour elle dans tous les conflits qu’elle a dû affronter. Elle évoque aussi les soldats des colonies et les engagés volontaires étrangers. L’idée qu’ils ont servie sous le drapeau tricolore était celle de Liberté. Idée issue des Lumières qui a été inscrite au cœur de la reconstruction d’une Union européenne depuis 1945, réalisée par ceux-là même qui avaient livré les guerres mondiales : c’est ce qui constitue la plus belle victoire de l’Idéal.

Dans le monde, la France est plus que jamais, davantage qu’un pays, la France est un message. L’afflux des engagés volontaires et des alliés en temps de conflit, le flux plus pacifique des étudiants, des touristes, des investisseurs, démontre que notre pays est l’un des rares à peser infiniment au-delà des proportions de sa surface ou de sa population. Les célébrations nationales véhiculent aussi le rappel et la transmission de cette conscience : être Français est plus qu’une nationalité, c’est une idée, c’est un atout.

Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui, nous nous recueillons et tout à l’heure je retrouverai les anciens combattants que nous avons déjà rencontrés ce matin. Cette histoire commune, ces valeurs partagées, sont ce qui nous rassemble. Mais nous devons à la France plus que la commémoration du passé, nous devons à notre pays et à nos concitoyens de traduire ces principes en actes et en réalisations. C’est un devoir spécialement pour ceux qui ont, comme nous, choisi de servir la France sous les drapeaux ou dans le service public.

J’ai tenu pour cette raison à présenter à la communauté française cette ambassade largement renouvelée, sans attendre le 14 juillet bien lointain et bien estival. L’appui aux intérêts français est la raison d’être des ambassades, qu’il s’agisse d’intérêts politiques, militaires, économiques, culturels … cet appui doit s’étendre à ceux qui incarnent ces intérêts et les servent au quotidien : la France, la francophonie, le rayonnement français, c’est vous !

Je suis donc très heureux de vous rencontrer ce soir, avec une pensée pour ceux qui n’ont pu nous rejoindre et pour tous les Nigériens ou ressortissants d’autres pays qui partagent vos vies et vos activités. Pas plus que je ne pourrai au long de ma mission au Niger lier une relation personnelle avec chacun de vous, nous ne pouvons réunir les conjoints et familles des 1800 Français du Niger ; j’espère que vos associations sauront le faire, je les ai rencontrées, Fr’entraide, l’ADFE et l’UFE et ai constaté leur vivacité.

J’ai donc souhaité vous accueillir entre compatriotes pour nous présenter et partager avec vous nos priorités. Vous pourrez ainsi dire chez vous, à votre foyer et sur votre lieu de travail, que la France poursuit ici, encore et toujours, les objectifs qui sont toujours les siens :

La Paix, au Sahel, au sud face à Boko Haram, dans le cadre de l’engagement politico-militaire de la France en Afrique, mieux connu et réclamé par les Etats Africains, pour eux et avec eux ;

Le Développement sans lequel ni paix ni démocratie ne peuvent s’enraciner. Une coopération sans regarder dans le rétroviseur, sans donner de leçons, dans le respect de l’indépendance, de la culture et de la religion de nos partenaires : l’ambassade ne se trompera pas de mission.

La Sécurité de tous, un sujet qui concentre l’attention et dont nous avons longuement discuté avec les professionnels, avec vos chefs d’îlot, vos associations … La sécurité est faite pour l’homme, non l’inverse : nous avons proposé une mise à jour des règles de circulation dans le pays et des consignes à Niamey, nous vous tiendrons informés par message du consulat.

La France, c’est à Niamey une équipe renouvelée et riche de talents, variée par l’âge et le sexe, à votre image - un ambassadeur, un premier conseiller, un consul, un attaché de Défense, un COCAC, des experts…, sans oublier l’AFD, les CCFN, dont celui de Zinder qui renaîtra de ses cendres, le lycée La Fontaine … et au-delà des institutions, de nombreux bénévoles dont votre conseillère consulaire, les conseillers du Commerce extérieur, et de nombreux auxiliaires du service public dont les chefs d’îlot, que je remercie tous de leur dévouement.

Et l’équipe de France, c’est aussi vous ! Soyez assurés que, au long de ma mission d’ambassadeur au Niger, je veillerai, comme là où j’ai précédemment servi, à travailler avec tous sans exclusive autre que la compétence, la bonne foi et l’intérêt général !

Vive la France

Marcel Escure
Ambassadeur de France au Niger

Dernière modification : 12/11/2015

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